Le projet éolien :
ce qu'il faut savoir.
Initié à l'été 2024 par les communes de Matour, Tramayes, Saint-Pierre-le-Vieux et Pierreclos, le projet "Les Ailes de la Grosne" prévoit l'implantation d'éoliennes industrielles sur le mont Saint-Cyr, deuxième plus haut sommet de Saône-et-Loire, au coeur de la plus grande zone Natura 2000 du département.
Depuis les élections municipales de mars 2026, Tramayes et Saint-Pierre-le-Vieux ont pris leurs distances avec ce projet. Pierreclos s'en était retirée plus tôt. Matour reste aujourd'hui le seul porteur actif. Le projet n'est pas abandonné. Notre vigilance reste entière.
La contribution réelle de ce projet
10 000 éoliennes en France
8,7%
de la production nationale d'électricité en 2024
Ce projet (3 à 5 éoliennes)
0,0044%
de contribution à la production nationale
Surplus électrique français 2024
+89,8 TWh
soit presque 2 fois la production éolienne totale
"On n'a jamais besoin de produire ce qu'on ne consomme pas."

Une éolienne industrielle, c'est
L'installation
1 500 à 2 000 tonnes de béton. 70 à 100 tonnes d'acier pour la fondation. Un mât d'environ 250 tonnes. Des kilomètres de chemins élargis et de tranchées pour le raccordement. Le tout à 500 m de certaines habitations.
L'environnement
0,6 à 1,3 hectare de déboisement par machine. Des habitats naturels détruits. Des sources potentiellement polluées. Un site Natura 2000 saccagé. La destruction d'un puits de carbone naturel irremplaçable.
Le cadre de vie
Nuisances sonores et lumineuses durables. Perte de valeur des maisons. Baisse de l'attractivité touristique et résidentielle. Un horizon transformé de façon irréversible pour 20 à 25 ans.
Les acteurs du projet
Une gouvernance qui interroge
La société de projet "Les Ailes de la Grosne Énergies" est constituée ainsi : BayWa r.e. (multinationale allemande) détient 51% du capital, donc la majorité de décision. La SEM SELER en détient 20%, Énergie Partagée 10%, et les trois communes 6,3% à 6,4% chacune *.
BayWa r.e. est actuellement en grande difficulté financière. Un promoteur fragilisé qui engage des communes déjà endettées : c'est précisément le type de montage qui pose problème.
Quelles sont réellement leurs motivations ? L'écologie, ou la rentabilité ?
Répartition du capital
* Tramayes et St Pierre Le Vieux ont annoncé leur retrait. Qui reprendra leurs parts ? Matour seul ne peut pas assumer ce coût. Et avec 6,4% du capital, quelle sera réellement son influence face à BayWa qui détient la majorité absolue ?
Les risques financiers pour les communes
"Chacun des associés s'engage à financer le montant des fonds propres qui seront nécessaires au financement des coûts de construction engagés par la société, selon leur prorata de participation."
Extrait du protocole d'accord signé avec BayWa r.e.
Personne ne sait combien coûtera ce projet s'il aboutit (plusieurs millions d'euros), mais la commune de Matour est déjà engagée à hauteur de 6,3% chacune, soit des centaines de milliers d'euros. Pour une commune déjà endettée, c'est considérable.
Si le projet venait à être annulé, BayWa pourrait par ailleurs exiger une indemnisation pour les frais engagés. Cela est déjà arrivé à d'autres communes. Un risque réel, souvent minimisé.
Propriétaires fonciers : attention
Un bail aux implications méconnues
Signer une promesse de bail pour un projet éolien engage bien plus que ce que les promoteurs laissent entendre. Ce contrat, souvent présenté comme simple, est en réalité irrévocable : il permet au promoteur de modifier les installations à sa discrétion et d'imposer des servitudes sans compensation.
Les changements de bénéficiaires peuvent survenir à tout moment. Le propriétaire n'a aucun contrôle sur les futurs acquéreurs du projet. En cas de préjudice sanitaire reconnu, la responsabilité solidaire du propriétaire peut être engagée.
Si vous avez reçu une proposition ou si vous avez des questions, notre notaire indépendant peut vous apporter des conseils.
Nous contacterCe que dit la justice
En novembre 2025, le tribunal judiciaire de Strasbourg a reconnu un préjudice sanitaire directement imputable au fonctionnement d'un parc éolien. Il a condamné solidairement l'exploitant ET les propriétaires des terrains.
Le respect des normes et des autorisations préfectorales ne protège pas de la responsabilité civile. Un précédent juridique majeur.
Où en est-on aujourd'hui
Trois communes sur quatre ont dit non.
La vigilance reste entière.
Pierreclos s'est retirée en cours de route. Tramayes a tranché dans les urnes. Saint-Pierre-le-Vieux s'est engagée à sortir de la société de projet. Matour reste le dernier porteur actif du projet.
Les études environnementales sont en cours sur le mont Saint-Cyr. Un mât de mesure a été installé. Le projet n'est pas abandonné tant qu'une décision claire n'a pas été actée. Vent Libre en Vallons reste mobilisé à chaque étape.
Nos actions en cours